La légende
napoléonienne.
La
translation des cendres de Napoléon Ier aux Invalides,
15
décembre 1840.
par Marc Nadaux
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Le 15 octobre 1840, la frégate la Belle Poule
arrive au port de Cherbourg. A son bord, se trouve le cercueil de Napoléon
Bonaparte, ramené par le Prince de Joinville de l'île de Sainte-Hélène
où il est mort en exil vingt ans plus tôt. Le 15 décembre suivant,
celui-ci est débarqué d'un petit bâtiment à vapeur au pont de Neuilly.
Placé sur un char funèbre tiré par seize chevaux, les cendres de
l'Empereur des Français sont portées par douze Victoires et surmontées
de la couronne impériale.
Assistant à la cérémonie, Victor Hugo dans ses Choses Vues à laisser
des événements une vue saisissante. Le cortège effectue au centre de
Paris un parcours qui rappelle la gloire de l'Empire. Parti de l'Arc de
Triomphe de la place de l'Étoile, l'ensemble descend les Champs-Élysées
où ont été placé des statues de plâtre représentant les grands
figures du passé napoléonien, il passe en revue le Palais-Bourbon et
l'Obélisque de la Concorde avant d'arriver sur l'esplanade des Invalides.
L'attendent alors quelques milliers de curieux transis de froid qui
l'accompagnent du regard jusqu'au monument. |
Une chanson rédigée pour
l'occasion :
Marche funèbre
du convoi de Napoléon.
(Air du Vieux Caporal)
I
Du
grand homme que l'on révère,
Français, voici donc le retour ;
Inclinons-nous devant sa bière,
Et témoignons-lui notre amour ;
De palmes, lauriers immortels,
Ombrageons ce roi des combats ;
Pour lui témoigner notre zèle,
Français, au pas, marchons au pas (bis)
Au pas, au pas, au pas, au pas.
II
Las,
voyez quel morne silence,
De tristesse se navre mon cœur,
Mais quel triomphe pour la France,
De revoir son digne Empereur !
Près de lui ces vieux invalides
Pleurent son douloureux trépas,
Redisent comme aux Pyramides,
Soldats, au pas, marchons au pas (bis)
Au pas, au pas, au pas, au pas.
III
De
toute part dans chaque rue
Sans avoir connu l'Empereur,
Le jeune enfant d'une âme émue
Sème des guirlandes de fleurs ;
De ce joli trait de jeunesse
Le vieillard ému de cela,
Redit encore dans sa vieillesse :
Enfants, au pas, marchons au pas (bis)
Au pas, au pas, au pas, au pas.
IV
Le
bronze tonn', le caveau s'ouvre,
Pour recevoir ce grand héros ;
Mais de ces lauriers qui le couvrent,
Ornons ce glorieux tombeau.
Qu'en paix sous ce dôme il repose,
Au centre de ses vieux soldats ;
Mais que l'étranger jamais n'ose
L'ôter de là, nous serons là ;
Comme au combat, nous serons là (bis).