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En Haute-Garonne.



par Marc Nadaux

 






Face à un coup d'État minutieusement préparé et à des conjurés qui disposent du soutien d l'armée,  les essais de résistance légales, puis par la clandestinité des députés de l'Assemblée législative sont vains. De même que l'opposition de la rue. Dans le reste de la France, les grandes villes industrielles ne se soulèvent pas, mais des sociétés républicaines s'organisent dans certains départements, notamment dans le Sud-Est (Var, Basse-Alpes) et le Sud-Ouest. Trente-deux départements sont mis en état de siège et la répression est rude. Selon les statistiques officielles, parmi les 26.684 Français poursuivies, 9.530 sont déportés en Guyane ou en Algérie et 2.504 autres sont incarcérés. L'avènement de Napoléon III laissera ainsi dans les esprits d'inexpiables rancunes. 







Habitants de la Haute-Garonne.


CITOYENS ,

La Constitution de la République solennellement proclamée par les mandataires du peuple dispose :
. Art. 68. Toute mesure par laquelle le président de la République dissout l'Assemblée nationale, la proroge ou met obstacle à l'exercice de son mandat, est un crime de haute trahison.
Par ce seul fait le président est déchu de ses fonctions ; les citoyens sont tenus de lui refuser obéissance ; le pouvoir exécutif passe de plein droit à l'Assemblée nationale.
. Art. 110. L'Assemblée nationale confie le dépôt de la présente Constitution et des droits qu'elle consacre à la garde et au patriotisme de tous les Français.
Il n'y a pins de Constitution !
M. Bonaparte qui avait juré devant Dieu et devant les hommes de lui rester fidèle, la déchirée de ses propres mains.
Il n'y a plus d'Assemblée nationale !
M. Bonaparte qui devait la respecter et la défendre comme l'expression de la souveraineté populaire, l'a dissoute et dispersée par la force.
Il n'y a plus de République !
M. Bonaparte, sous prétexte de salut public, concentre provisoirement en lui seul tous les pouvoirs, en promettant de restituer au peuple convoqué dans les comices et appelé à sanctionner d'abord l'usurpation commise puis à statuer sur lui.
Il n'y a plus de président !
M. Bonaparte, traître et parjure, n'est plus qu'un criminel d'État justiciable da la Haute-Cour nationale ; les citoyens sont tenus de lui refuser obéissance et quiconque, oserait lui prêter assistance deviendrait son complice.
Et ces horribles attentats, s'il faut en croire un placard officiel, signé d'un nom d'un préfet de la République, M. Bonaparte les aurait accomplis ave le concours de l'armée et aux applaudissements de la population de Paris ?
Mensonge ! Calomnie !
Les soldats de la République ne prostituent pas au service d'un César les armes que la patrie leur a confié pour la protection de ses frontières et pour l'honneur de son drapeau.
On trompe le Peuple afin de gagner du temps, de mettre sans doute les conspirateurs hors des atteintes de la justice.
Citoyens, le moment est venu où la France doit montrer au monde si elle est digne de la République et de la Liberté, ou si, abâtardit par la corruption et l'égoïsme elle doit se résigner à courber sa tête esclave sous le joug d'un traître.
Quand le pacte social est brisé, quand l'autorité légale a disparu pour faire place à un pouvoir de fait c'est au peuple seul qu'appartient le plein et entier exercice de la souveraineté, à lui de faire. respecter son droit imprescriptible et inaliénable que ses mandataires ont déserté ou trahi.
Que les hommes de cœur avisent donc sans retard et que les bons citoyens leur viennent en aide ! Que partout les gardes nationales s'arment pour la punition des coupables et la défense de la Constitution, que dans chaque commune les comités révolutionnaires soient institués par acclamation, avec mandat d'organiser partout la résistance et au besoin la lutte contre l'usurpation, de suspendre provisoirement les fonctionnaires d'un pouvoir rebelle et de pourvoir à la sûreté publique.


 

Citoyens, il n'y a par d'obstacle pour celui qui veut : que chacun fasse son devoir.


 

Vive la République démocratique une indivisible
Vive la Constitution !


 

CRUBAILHES, rédacteur de la Civilisation ; Marie ACHARD, rédacteur de la Civilisation ; Isidore JANOT, rédacteur de l'Émancipation ; Armand DUPORTAL, rédacteur de l'Émancipation ; CAZENEUVE, rédacteur de l'Émancipation ; LUCER, avocat, rédacteur de l'Émancipation ; N. TACHOIRES, rédacteur de l'Émancipation ; St GRESSE, avocat  ; DEBERNAT, rédacteur de l'Émancipation ; BAUGUEL, ancien Préfet de la République ; MULET, ex-constituant ; CAROLIS, mécanicien ; : F. MONDOUIS ; VIVENT, minotier ; F. MONNIE, ancien juge au tribunal de commerce ; ISTENAVE ex-sous commissaire.

Jean BAUX, ouvrier ajusteur ; TROY, menuisier ; J.-M. MERIC fil, négociant ; Frédérci DOSSET ; COUDOM, horloger ; BAI,I,AND fils aîné ; Aristide BAUDEAN ; BOE, typographe ; FOX, fondeur en caractère ; Jean GRILLOU, boucher ; BÉGUÉ ; PRATVIEL-LANGE.

PEBERNAT, ex-sous-commissaire ; GERLA ; HINCELIN ; WEILLÈ ; MASCARAS ; ROUCH ; TAUPIAC (Antoine) ; J. LAVIGNE ; J. DURAND ; TAUPIAC ; LAYEBLE ; L. AMIEL ; PECH, ouvrier en fer ; J. ALIAUX ; Ed. ABADIE ; PELISSIER aîné ; B. RIVER ;  J. BALANSAIN ; MONTET ; RÉGEAU correcteur typographe ; RIVIERE, bottier ; BEY, commissaire-prisenr ; BAI.DAYROUS, corroyeur; ROQUELAINE, anciel maire, membre du conseil général ; PÉGOT-OGIER, ancien constituant.

BÉNI-BARDE, membre du cons.-gén. ; FABRE, avocat; Armand LEYGUE, ex-sous-commissaire du gouvernement-provisoire ; RICHE, membre du conseil d'arrondissement de Narbonne ; BESAUCELLE ; Émile GRIMAILH, ancien officier ; Léopold CASSAGNE, typographe.