Document historique

Loi sur les sacrilèges

20 avril 1825

par Marc Nadaux

La Restauration, qui fait suite à la longue période de la Révolution et de l'Empire, n'est pas uniquement politique, elle est également religieuse. Au clergé vieillissant, s'adjoignent bientôt de jeunes prêtres ayant le souci de la pastorale. Car la France est dans certaines régions devenue un pays de mission. Le réveil catholique s'appuie ainsi sur de nombreux foyers de dynamisme — congrégations, évêchés…

Celui-ci est également favorisé par l'appui que lui accorde la monarchie des Bourbons. L'alliance du trône et de l'autel est renouée, dans le cadre nouveau et solide du Concordat de 1801. Le sacre du Roi Charles X, organisé au début de son règne suivant les rites ancestraux, en est le symbole le plus visible. Le monarque, ancien chef de file du parti ultra, entend ainsi favoriser l'Église, qui a déjà la haute main sur l'Université. Cette politique, menée notamment par Monseigneur Frayssinous, ministre des Affaires ecclésiastiques à partir de 1824, prend sous son règne un tour réactionnaire.

En témoigne cette loi sur les sacrilèges.

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Contexte historique

La loi sur les sacrilèges est adoptée le 20 avril 1825, au début du règne de Charles X. Elle constitue l'un des textes les plus emblématiques de la politique ultra-royaliste et cléricale de la Restauration.

Cette loi prévoit la peine de mort pour la profanation publique des hosties consacrées (article 6), précédée de l'amende honorable — un châtiment hérité de l'Ancien Régime. Elle établit également une gradation de peines allant des travaux forcés à perpétuité à la réclusion pour les vols sacrilèges.

Violemment critiquée par les libéraux, notamment le comte de Broglie et Royer-Collard, cette loi ne sera jamais appliquée dans ses dispositions les plus sévères. Elle sera abrogée après la Révolution de Juillet 1830 et l'avènement de Louis-Philippe.

Elle reste néanmoins un témoignage essentiel de la tension entre l'héritage révolutionnaire et les aspirations restauratrices du 19ème siècle français.

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