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Louis
Blériot
effectue la première traversée
de la Manche en avion,
25
juillet 1909.
L'aviateur Louis Blériot
atterrit à North Fal Meadow en Angleterre,
Le Matin, 25 juillet 1909.
par Marc Nadaux
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Au mois de juillet 1909, Louis Blériot s’installe
au cap Gris Nez, près de Calais, à 33 kilomètres des falaises de
Douvres, et attend des conditions météorologiques favorables pour tenter
la traversée de la Manche. Blériot s’inquiète notamment de trouver un
endroit où atterrir sur la côte anglaise, car la plage de Douvres est
trop étroite et la falaise trop haute d'au moins trente mètres pour son
avion. Un journaliste français, Charles Fontaine, qui a été chargé de
rapporter son arrivée, lui offre de rechercher un terrain
d’atterrissage, et finit par repérer, non loin du château de Douvres,
une trouée dans le falaise. Fontaine pointe alors l’emplacement exact
sur plusieurs cartes postales, qu’il envoie à Blériot, en lui disant
qu’il l'attendra à cet endroit en agitant un drapeau français.
Dans la nuit du 24 au 25 juillet, le temps devient favorable pour une
tentative. Réveillé très tôt, Blériot conduit sa femme à bord du
contre-torpilleur l’Escopette (chargé de le récupérer en cas
d’amerrissage), puis effectue un vol d’essai. Le Blériot XI
fonctionne bien. A 4 heures 41 du matin, au lever du soleil, Blériot décolle,
après avoir demandé qu’on lui indique la direction de Douvres. Son
appareil n’a en effet aucun instrument de navigation. Au-dessus de la
Manche, le vent déporte l’avion vers le nord ; la brume empêche
un moment Blériot de repérer Douvres. Il retrouve le port en suivant le
sillage de trois bateaux et longe ensuite les falaises vers le sud. Le
moteur commence à chauffer. Enfin, il aperçoit le site d’arrivée,
North Fal Meadow, où Charles Fontaine agite son drapeau. L’atterrissage
est brusque, l’hélice se brise et le châssis est endommagé. Mais
Louis Blériot a vaincu la Manche ! |
LE VOILA !
DOUVRES, 25 juillet, 6 heures du matin. (De notre
envoyé spécial, par téléphone).
Blériot est arrivé un peu avant cinq heures et demie, après un voyage superbe.
L'atterrissage a été parfait.
Un des montants de l'appareil a légèrement cédé quand l'aéroplane a touché le sol.
L'arrivée de Blériot était si imprévue que pas un spectateur n'était là pour assister
à son triomphe.
Seuls l'envoyé spécial du " Matin " et un de nos
rédacteurs des bureaux de Londres, nous étions là. Nous avions
passé la nuit sur la falaise.
Quand nous avons vu à l'horizon pointer l'oiseau magnifique, nous avons agité un
drapeau tricolore, les trois couleurs de France, une fois encore victorieuses.
Blériot aperçoit le signal, cingle vers nous, louvoie et après avoir traversé le
bassin, vient atterrir à droite du château de Douvres.
VICTOIRE !
Nous accourons vers lui.
Nous l'embrassons.
Blériot ne peur parler tant l'émotion l'étreint. Il est en sueur, ses
yeux sont gonflés.
Aussitôt après l'atterrissage, quelques gardes-côtes, puis des bateau: cinglent vers le port.
Des autos arrivent ; des gens accourent, des agents de police, des photographe
se précipitent vers l'aviateur que bientôt des centaines de personnes
entourent, clamant leur enthousiasme :
- Welcome ! Welcome !
Blériot monte dans une automobile qui l'emmène vers le quai où le contre-torpilleur,
à bord duquel se trouve Mme Blériot, vient d'accoster.
INTERVIEW DE BLÉRIOT
Le premier moment d'émotion passée, nous
causons avec Blériot.
Il est rayonnant.
- Tout a marché admirablement, nous dit-il, mon appareil filait comme une
flèche. J'ai en partant pris une fausse direction.
A un kilomètre de la côte, j'ai bifurqué.
Au départ le temps était calme. Vers le milieu du détroit le vent se
mis à souffler de l'ouest violemment. Je dus manœuvrer avec soin pour
lutter.
Comme nous demandions à Blériot s'il n'avait éprouvé aucune impression
au-dessus des flots :
- Aucune absolument, nous répondit-il, je me croyais au-dessus de la
terre ferme.
VIVE LA FRANCE !
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