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Une nouvelle administration


Le Préfet de l'Allier aux Maires de son département,
novembre 1849.



par Marc Nadaux

 






Candidat à la présidence de la Seconde République, Louis-Napoléon Bonaparte est plébiscité le 10 décembre 1848. Il se forme alors à l'Assemblée un parti de l’Élysée qui s’oppose bientôt au parti de l’Ordre qu’anime Adolphe Thiers. Désireux de se maintenir au pouvoir, le nouveau président s'efforce alors de nommer aux postes-clés des hommes de confiance. Les Préfets notamment, placés à la tête de chaque département, surveillent avec attention les mouvements de l'opinion.








Monsieur le Maire,


Je vous prie de m'adresser, le 25 de chaque mois, au plus tard, un rapport confidentiel, avec votre appréciation motivée sur la situation morale et politique de votre commune.

Vos fonctions, Monsieur le Maire, sont à la fois administratives et judiciaires. Sous les rapports administratifs, il appartient à l'autorité compétente de vous donner des instructions. Sous les rapports judiciaires vos droits et devoirs sont tracés dans le chapitre V du livre premier du Code d'instruction criminelle ; vous êtes officier de paix, auxiliaire du Procureur de la République. Avec moi, vous devez rechercher et constater les crimes et délits ; avec moi, vous devez surtout les prévenir.

J'appelle maintenant votre attention sur les éléments matériels du rapport que vous m'adresserez, et sur lesquels devra porter votre appréciation.

L'état moral d'une localité s'explique d'une manière générale par la tendance plus ou moins prononcée des idées vers le bien ou vers le mal, par le respect ou le mépris des principes qui sont la base de la société. Il s'explique spécialement par le nombre et la nature des crimes et délits commis ou tentés. Vous aurez donc à me signaler ces tendances et les faits spéciaux que vous devez nécessairement connaître.

La situation politique comprendra tous les faits politiques punissables ou non punissables qui auront eu pour mobile cette dangereuse passion ; ce qui tiendra aux réunions ou sociétés secrètes ; à la vente ou distribution d'écrits ou emblèmes ; aux manœuvres électorales ; aux manœuvres publiques ou occultes des partis politiques. Il est inutile d'insister sur l'importance de la désignation des auteurs ou complices des faits que vous aurez à me faire connaître...

Je suis convaincu que vous répondrez par votre exactitude à l'invitation que je vous transmets, et que mes rapports à l'autorité supérieure n'auront à signaler ni négligence, ni mauvais vouloir.

J'attends votre première dépêche le 25 de ce mois. Je vous prie de m'accuser immédiatement réception de la présente circulaire. 



MAUPAS, préfet de l'Allier.