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Herbert Georges WELLS
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Herbert Georges WELLS
(Bromley, 21 septembre
1866 - Londres, 13 août 1946)
Anglais.
Ecrivain.
par
Marc Nadaux
Quelques dates :
1895, La Machine à explorer le
temps.
1896, L'Île du docteur Moreau.
1897, L'Homme invisible.
1898, La Guerre des mondes.
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Herbert George
Wells naît le 21 septembre 1866 à Bromley, dans le Kent. Il est issu d'une
famille de modeste condition. Ses parents tiennent un magasin de porcelaine,
que Joseph Wells laisse péricliter, préférant se consacrer à sa
carrière de joueur professionnel de cricket. A la suite d'un accident
cependant, il se casse la jambe et doit bientôt renoncer à jouer en 1877.
La gène s’installe alors dans le ménage, qui a la charge de trois
enfants. A partir de 1880, Sarah Wells occupe un poste de gouvernante au
château de Up Park. A peine âgé de quatorze ans, le jeune Herbert lui est
placé comme apprenti. Il s’emploie ainsi chez un drapier en tant que
commis, un job qu’il déteste, puis auprès d’un pharmacien et
enfin dans la boutique d’un marchand de nouveautés. A partir de 1883,
Herbert George Wells est répétiteur à l’école de Midhurst, dont il
fréquente avec assiduité la bibliothèque. Ceci lui permet également de
reprendre ses études, abandonnées quelques années auparavant. En 1884,
Wells obtient une bourse grâce à laquelle il s'inscrit à l'Imperial
College of Science, une école normale. Là, l’étudiant suit notamment
les cours de Thomas Henry Huxley, un des grands biologiste de l’époque.
Après avoir échoué à ses examens, il reprend son poste de répétiteur
dans une école privée, avant d’obtenir enfin sa licence ès sciences en
1890. Wells devient alors enseignant.
L’année suivante, il se marie avec son amour d’enfance, sa cousine
Isabel Wells. Une union fort mal assortie. En 1893, Herbert George Wells
fait la rencontre d’Amy Catherine Robbins, une étudiante en biologie qui
deviendra la compagne de sa vie. Il se remarie ainsi, peu après son divorce
d’avec Isabel en 1895. Le couple aura deux enfants. Depuis longtemps
déjà, Wells consacre ses moments de loisirs à l’écriture. En 1886,
alors qu’il est encore sur les bancs de à l'Imperial College of Science,
Wells fonde le School Science Journal, pour lequel il rédige
quelques articles scientifiques. Deux années plus tard, il écrit une
nouvelle intitulé Les Argonautes à la conquête du temps. Enfin,
1893 est une année doublement décisive dans son existence. Après son
mariage, Wells souffre d’une crise de tuberculose. Profitant de ce repos
forcé l’enseignant reprend cet ancien texte d’anticipation et écrit The
Time Machin (La Machine à explorer le temps). L’ouvrage,
publié en 1895, conte l’histoire d’un Anglais, génial inventeur, qui
parvient à aller dans le futur. En l’an 802.701, il découvre ainsi un
monde paradisiaque, celui des Eloi, que menacent les Morlocks, vivant dans
les entrailles de la Terre. Ce voyage dans la quatrième dimension, qui est
aussi une critique de la société de son temps, est un énorme succès de
librairie.
Dès lors, Herbert George Wells se consacre à la littérature, explorant un
genre littéraire qu’il vient d’inventer, la science-fiction. Et dans
les années qui suivent, sont publiées d’autres œuvres qui font dates.
Dans ces romans d’anticipation, l’écrivain se montre ainsi toujours
aussi inquiet de l’avenir de la science, de l’utilisation qu’en fait l’Homme,
à qui elle donne à présent d’immenses pouvoirs. En 1896, avec L'Île
du docteur Moreau, Wells décrit les travaux d’un savant monstrueux
qui a réussi à précipiter l'évolution de l’animal à l'Homme, grâce
à d’abominables manipulations. L’année suivante, paraît un autre de
ses contes philosophique, L'Homme invisible. Non sans humour, le
romancier met en scène un autre génial inventeur. Celui-ci, trop pressé d’user
de sa découverte, qui utilise le principe de réfraction de la lumière, se
retrouve invisible mais nu en février dans la rue... Quand le dormeur
s'éveillera est un autre roman d’anticipation. Dans ces pages, un
observateur de l’Angleterre au tournant du siècle imagine un monde aux
villes peuplées de tours. En 1898, avec La Guerre des mondes,
interviennent enfin dans la littérature de nouveaux personnages destinés
à un brillant avenir, les extraterrestres. Ces Martiens font une entrée
fracassante dans l’univers des lecteurs d’H. G. Wells en envahissant
l'Angleterre. Quarante ans après sa publication, le 30 octobre 1838, un
animateur facétieux, du nom d’Orson Welles, reprendra l’intrique du
roman dans une émission de radio et sera à l’origine d’un véritable
mouvement de panique sur toute la côte Est des États-Unis… En 1901, l’écrivain
anglais décrit avec Les Premiers Hommes dans la lune les
expéditions interplanétaires de la fin du siècle, un évènement déjà
pressenti par Jules Verne quelques décennies plus tôt.
Wells est un auteur très prolifique, qui publiera encore de nombreuses
œuvres de fiction. Mais ses plus grandes réussites ont été rédigées au
cours de ces quelques années. Celles-ci lui procurent une certaine aisance
financière, mais elle ne lui enlève pas ce pessimisme qui est un des
traits dominants de son caractère. Toujours à cette époque, l’écrivain
s’exerce à une critique plus directe des travers de ses contemporains
dans des essais comme Anticipations en 1901, Mankind in the Making
(La Découverte de l’Avenir) en 1903… ou de nouveaux romans comme
Kipps en 1905 et The Story of Mr Polly en 1909. Herbert George
Wells s’autorise néanmoins une pointe d’espoir. Car l’avenir peut et
doit être modeler suivant les préceptes que dicte à l’Homme sa raison,
avec la conscience cependant que le chaos est proche. Dans A Modern
Utopia publiée en 1905, il affirme ainsi que le futur doit être
confié dans les mains des hommes de science. Dans l’immédiat, le
quotidien également peut être amélioré et c’est dans ce but que l’écrivain
à succès adhère en 1903 à la Fabian Society et milite aux cotés
des socialistes anglais jusqu’en 1908.
Au moment où éclate la Première Guerre Mondiale, Wells vit un nouvel
amour avec une jeune écrivain, Rebecca West, âgée d’à peine vingt-cinq
ans. Au cours du conflit, dont il avait annoncé certains des aspects dans
les années précédentes - la place nouvelle de l’aviation en 1907 avec La
Guerre dans les airs - , ses prises de position trop militaristes lui
aliènent une partie de l’opinion britannique. En 1917 cependant, il
adhère aux Comités pour la Ligue des Nations, une assemblée de sages qui
réfléchissent aux conditions d’un nouvel ordre international à imposer
au moment de l’armistice ou de la capitulation des puissances centrales.
La même année, dans une lettre adressée au journal The Times, l’écrivain
salue avec enthousiasme la révolution en Russie. S’il est inquiet du
rôle nouveau que jouent les soviets, il est ainsi convaincu de l’arrêt
de la guerre à l’Est. Herbert George Wells fait d’ailleurs la rencontre
de Lénine en 1920.
La même année, comme plusieurs auteurs anglais ébranlé par le choc de la
première Guerre mondiale, il publie The Outline of History (Esquisse
de l'histoire universelle), une méditation prospective sur l’histoire.
C’est de nouveau un énorme succès de librairie. Wells affirme ainsi que
l'humanité joue sa survie, en étant lancée dans une course entre
l'éducation et la destruction. Dans des pages qui rappellent les écrits
centenaires du comte de Saint-Simon, il décrit également les conditions de
sa survie : la création d'un État mondial régit par une élite de
décideurs. Quelques années plus tard, l’écrivain reprendra cette thèse
dans The Open Conspiracy (La Conspiration au grand jour),
publiée en 1928. Dans l’entre-deux-guerres d’ailleurs, il martèle ces
idées sur l’avenir du monde dans toutes les publications que lui offrent
l’édition britannique : des articles de journaux, des pamphlets, des
romans, des essais… H. G. Wells profite ainsi de sa notoriété et de l’avantage
que confère le statut de père de la science-fiction, en ces années où
celle-ci connaît un grand développement. Cependant, ces thèses ne
rencontrent plus la même audience auprès des jeunes générations.
L’écrivain devient néanmoins le président du P.E.N.- Clubs, une
fédération internationale des écrivains, fondée à Londres en 1920.
Poursuivant son action politique, Herbert George Wells est au cours de ces
années le candidat du Labour Party aux élections législatives. Il
rencontre également deux des grandes figures politiques de ce temps,
Roosevelt et Staline. Ce dernier le laisse d’ailleurs sans illusion. The
Holy Terror, publié en 1939, fait ainsi la description de ces
dictatures totalitaires, qui font reposer leur pouvoir sur le contrôle des
esprits. En 1942 et à l’âge de soixante-seize ans, Herbert George Wells
soutient avec succès une thèse de doctorat ès sciences à l'Université
de Londres, après avoir repris ses études de jeunesse. Plus tard, alors
que la seconde Guerre Mondiale s’achève, il fait paraître une dernière
œuvre au titre évocateur, L'Esprit au bout de son rouleau.
Herbert George Wells décède à Londres le 13 août 1946, dans son hôtel
près de Regent Park.
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