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Georg
Simon OHM
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Georg
Simon OHM
(Erlangen,
le 16 mars 1789 – Munich,
7 Juillet
1854)
Allemand.
Physicien.
par Sylvain
Logerot
Quelques dates :
1827,
Die galvanische Kette mathematisch
beartbeitet (Le circuit galvanique traité
mathématiquement) contenant la Loi d’Ohm (U = R x I).
1833,
nommé directeur de l’école polytechnique de
Nuremberg.
1852,
obtient la chaire de physique
de l’université de Munich.
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Georg
Simon Ohm est né à Erlangen en Bavière (Allemagne) le 16 mars 1789. Sa
mère Marie Elisabeth et son père Joahann Wolfgang Ohm, maître serrurier
de son état, auront sept enfants. La personnalité de ce dernier marquera
définitivement la vie de notre futur physicien, par l’instruction
notamment qu’il lui dispense. En effet, bien que n’ayant pas fait d’étude,
l’artisan possède une solide instruction que nourrit ses propres
lectures. L’autodidacte enseigne lui-même à ses deux fils, Georg et
Martin, les bases des mathématiques et de la physique. Martin deviendra
d’ailleurs plus tard un mathématicien réputé.
A l’âge
de onze ans, Ohm entre tout de même au lycée et y reçoit un
enseignement beaucoup plus académique. En 1805, alors âgé de seize ans,
il entre à l’université d’Erlangen, sa ville natale. Là, il ne
s’y montre guère comme un étudiant modèle, préférant s’épanouir
dans les plaisirs de la vie estudiantine. Ohm pratique avec assiduité la
danse et la billard notamment, davantage qu’il n’est présent sur les
bancs de l’université. Ce comportement va à l’encontre des préceptes
paternels, aussi l’étudiant est contraint de cesser rapidement ses études,
après une année de ce régime particulier… Son père l’oblige alors
à prendre un poste de professeur de mathématiques dans une école
suisse, à Gottstadt, où il restera jusqu’en avril 1811.
Après son exil suisse, peut être plus « mur » à présent,
Ohm reprend ses études et obtient après six mois son doctorat. Celui lui
permet d’obtenir un poste de répétiteur en mathématiques Jusqu’en
1825, il enseigne ainsi dans différentes villes – parmi lesquelles
Bamberg en 1813, au collège des jésuites de Cologne en 1817 - et
poursuit par lui-même ses recherches scientifiques. Durant toute cette période,
il s’intéresse aux travaux de nombreux scientifiques - tels que
Lagrange, Legendre, Laplace, Poisson, Fourier, Fresnel ou Oersted - qui le
poussent à l’expérimentation en physique.
A partir de 1825, désireux d’obtenir enfin un poste de professeur à
l’université, Ohm décide de se consacrer uniquement à la recherche et
de publier les résultats de ses propres travaux. Pour cette raison, il
abandonne définitivement l’idée de fonder une famille et part
s’installer à Berlin en 1826. Là, le savant allemand entame une série
d’expériences sur le courant électrique. Ce domaine de la physique est
particulièrement en vogue à cette époque. En effet, bien que des phénomènes
électriques soient connus depuis l’Antiquité - il s’agit en réalité
d’électricité statique, donc ponctuelle dans le temps, et ne présentant
que peu d’intérêt pour la science, hormis leur coté spectaculaire. Le
courant continu est en effet une découverte récente. Rappelons que les
travaux de Galvani sur l’électricité animale - la stimulation des
pattes de grenouilles à l’aide de décharges électriques notamment -
datent de 1780 et la pile inventée par Volta remonte seulement à 1800.
En 1827, Ohm publie un premier recueil de ses travaux et publications de
recherche, intitulé Die galvanische Kette mathematisch beartbeitet
(Le circuit galvanique traité mathématiquement). Aussi bien
convaincu de l’importance de l’expérimentation que mathématicien de
formation, il mêle ces deux domaines afin d’arriver à ses conclusions.
Dans cet ouvrage, qui peut être considéré comme son œuvre maîtresse,
le savant n’avance aucune nouvelle hypothèse sur la nature de l’électricité
(objet alors de nombreuses spéculations !), mais énonce des lois
tirées de ses observations, la plus célèbre étant celle qui porte
encore aujourd’hui son nom : la Loi d’Ohm. Celle-ci établie la
proportionnalité entre la tension U aux bornes d’un conducteur (qui désigne
un objet qui permet le passage du courant) et l’intensité du courant I
qui le traverse. Le cœfficient de proportionnalité sera lui nommé
« résistance du conducteur » et noté R. Cette loi est généralement
apprise sous la forme U = R x I. Et cette formule devient la loi
fondamentale des courants électriques.
Grâce à cette découverte, l’Homme de sciences espère obtenir enfin
ce après quoi il courre depuis de nombreuses années : un poste
d’enseignant titulaire dans une université prestigieuse d’Allemagne.
Malheureusement pour lui, ses collègues allemands ne sont pas séduits
par ses méthodes - mêler mathématique et sciences physiques - , qui se
révéleront pourtant novatrices. Ohm n’obtient pas le poste tant espéré
et quitte Berlin en 1833 pour Nuremberg, où il est nommé directeur de
l’école polytechnique. Ce poste est moins prestigieux que ce à quoi il
aspire…Pourtant, entre temps, en 1830, il découvre et signale le phénomène
de polarisation dans les piles indépendamment de A.C. Becquerel.
Cependant, les années passent et ses travaux commencent à être reconnu
hors des frontières allemandes. Et, à partir de 1840, le savant allemand
reçoit des distinctions de plusieurs académies des sciences étrangères.
C’est le cas notamment de la Royal society britannique qui lui décerne
la médaille Copley en 1841, avant de l’accueillir dans ses rangs
l’année suivante. En 1843, il montre que l’oreille peut percevoir des
vibrations sinusoïdales. Cette reconnaissance internationale finit par
l’imposer sur la scène scientifique allemande et, en 1849, Ohm est nommé
à l’université de Munich. Trois années plus tard, il étudia
l’interférence des rayons lumineux polarisés dans les lames
cristallines. Cette même année, il obtient la chaire de physique de
l’université de Munich. Ainsi, à l’âge de soixante-trois ans, le
savant réalise enfin le rêve de sa vie. Il ne profitera malheureusement
que très peu de cette gloire, puisqu’il décède le 7 Juillet 1854, à
Munich, à l’âge de 65 ans.
Ses
travaux, associés à ceux du Français André-Marie Ampère, peuvent être
considérés comme une première étape vers une description des phénomènes
électriques. Aussi Ohm s’inscrit en précurseur dans ce domaine des
sciences physiques. Et il ne connaît de ce fait une véritable
reconnaissance que post-mortem. En effet, en 1867, en hommage à ses
travaux, son nom est donné à l’unité de résistance électrique dans
le système international (le Ohm). C’est encore le cas aujourd’hui.
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