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Albert de MUN
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Albert de MUN
(Lumigny, 28
février 1841 - Bordeaux, 6
octobre 1914)
Français.
Ecrivain.
par Marc Nadaux
Quelques dates :
1871, fonde les Cercles Catholiques Ouvriers.
1876, crée la revue l’Association Catholique.
élu député.
1892, se rallie au régime républicain.
1897, membre de l’Académie Française.
1905, Contre la Séparation.
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Albert de Mun est né le 28 février 1841 à Lumigny, en Seine-et-Marne.
Comme de nombreux jeunes aristocrates de l’époque, il se destine
à une carrière militaire et entre à cette fin à l’école de
Saint-Cyr. Il en est diplômé en 1862 et sert désormais dans la
cavalerie, comme officier de cuirassiers. Il participe alors à la guerre
franco-prussienne. Fait prisonnier à Metz en 1870, le jeune officier est
placé en captivité outre-Rhin en compagnie de son ami et disciple de Frédéric
Le Play, René de la Tour-du-Pin. Ensemble, ils découvrent à cette
occasion l’œuvre sociale d’une grande figure du catholicisme
allemand, l’évêque de Mayence Monseigneur Ketteler.
Albert de Mun décide dès lors de se vouer à l’action sociale et chrétienne.
L’année suivante, le spectacle de la violence et de la répression de
la Commune de Paris le marque profondément. Il mesure le fossé qui sépare
le monde ouvrier des dirigeants politiques et des élites économiques
adeptes du libéralisme, l’idéologie dominante condamnée en 1864 par
le pape Pie IX avec le Syllabus errorum.
Albert de Mun démissionne et quitte ainsi l’armée française. En
compagnie de René de La Tour-du-Pin, il fonde le 23 décembre 1871 les
Cercles Catholiques Ouvriers, des associations ouvrières encadrées par
des membres de la bourgeoisie catholique, selon les vues de Frédéric Le
Play. La revue l’Association Catholique, fondée en 1876 et qui
paraîtra jusqu’en 1891, lui permet d’exposer sa doctrine sociale.
Celle-ci a pour vocation d’unir les classes dirigeantes et les
populations ouvrières, cette union prenant la forme du paternalisme.
Albert de Mun entend ainsi éduquer le monde ouvrier selon l’esprit de
l’Évangile et en dehors des aspirations révolutionnaires.
L’œuvre des Cercles connaît une rapide expansion. En 1878, elle compte
375 cercles fréquentés par 37.500 ouvriers et 7.600 membres des classes
dirigeantes. Son déclin s’amorce cependant dans les années 1880, le
clergé se méfiant d’une œuvre aux mains des laïcs, les entrepreneurs
industriels lui portant peu d’intérêt. Cette période correspond également
à la montée en puissance du mouvement ouvrier dans le cadre des
syndicats. L’œuvre sociale d’Albert de Mun se prolonge pourtant grâce
à la création en mars 1886 de l’Association Catholique de la Jeunesse
Française.
Dès 1876, l’engagement politique d’Albert de Mun accompagne son œuvre
sociale. Il est en effet élu député à plusieurs reprises sous la
Troisième République (de 1876 à 1878, de 1881 à 1893 et enfin de 1894
à sa mort, en 1914). Comme son prédécesseur Charles de Montalembert
sous la Monarchie de Juillet, ses convictions l’invitent à constituer
un parti politique catholique. En vain. D’ailleurs Léon XIII désapprouve
bientôt cette idée pour la France
en 1885. Monarchiste convaincu, Albert de Mun prononce à Vannes, le 19
mars 1881, un discours à la demande du comte de Chambord dans le cadre de
la campagne pour les élections législatives. S’appropriant les poncifs
de la pensée contre – révolutionnaire, il voit dans le peuple la
principale victime de la Révolution française ce qui l’amène à faire
l’apologie d’une " monarchie chrétienne ". Ce
discours réactionnaire est mal accueilli par la droite orléaniste mais
également rejeté par les milieux catholiques qui reproche à son auteur
de défendre davantage les intérêts du prétendant plutôt que ceux de
l’Église. Quelques temps plus tard, Albert de Mun se déclare favorable
à un rapprochement de la droite conservatrice avec le mouvement
boulangiste. Quelques années plus tard, en 1892, il se rallie au régime
républicain, en catholique ultramontain, sur l’invitation du Pape dans
son encyclique Au milieu des sollicitudes (20 février 1892). Ceci
lui vaut d’ailleurs l’hostilité des royalistes et la défaite aux élections
législatives de 1893 ; son retour à la Chambre des Députés dès
l’année suivante n’étant que le fait d’un succès à une élection
partielle concernant Morlaix.
Orateur écouté, Albert de Mun contribue par son action au vote de lois
concernant le monde du travail et favorables aux ouvriers, notamment la
loi Waldeck-Rousseau autorisant les syndicats professionnels (1884), les
lois concernant les accidents et la durée du travail, la conciliation et
l’arbitrage ainsi que le travail des femmes (1892). Il lutte également
activement contre les lois scolaires (votées de 1881 à 1886) et la
partition de l’enseignement mais également contre la séparation de
l’Église et de l’État. Membre de l’Académie Française depuis
1897, il rédige Contre la Séparation en 1905, puis fait également
publier en 1908 Ma vocation sociale. Hostile aux engagements de la
France à l’extérieur, Albert de Mun s’abstient en décembre 1885 de
voter les crédits permettant d’éviter l’évacuation du Tonkin.
Cependant, il est favorable à l’allongement du service militaire et au
vote de la loi de trois ans pendant l’été 1913. Après la mobilisation
générale et la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France, il
montre son enthousiasme lors de la prise de Mulhouse par le 7ème
Corps, dans un article de L’Écho de Paris, le 9 août 1914.
Albert de Mun décède peu après, à Bordeaux, à la fin de cette même
année 1914.
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